Femme(s), bonne épouse ou fille au bracelet

FEMME(S), Yann Arthus-Bertrand et Anastasia Mikova

Crédit: Maison 4:3

Il aurait été facile de tomber dans le piège de l’essentialisme, ramenant l’intégralité des femmes à une seule et même définition. Il n’en est rien avec ce sublime documentaire signé Yann Arthus-Bertrand et Anastasia Mikova et qui force l’écoute, notion trop longtemps omise et récemment remise au centre de débats sur le féminisme grâce à des mouvements tel que #MeToo. Elles sont toutes anonymes, viennent de partout dans le monde et témoignent face caméra des inégalités et atrocités qu’elles subissent mais aussi de ce qu’elles vivent de merveilleux. Des premières règles à l’accouchement, en passant par l’institution du mariage, l’avortement, la maladie ou encore l’orgasme, cette parole se révèle d’autant plus précieuse lorsqu’on réalise qu’il aura fallu plusieurs heures avec chacune avant d’en arriver à de tels récits.  

En salles depuis le 14 août 2020

La fille au bracelet, Stéphane Demoustier

Crédit: AZ Films

Sobriété, c’est le mot qui pourrait le mieux définir ce film de Stéphane Demoustier dont l’entièreté repose sur la tenue d’un procès, celui de Lise Bataille, un bracelet à la cheville – d’où le titre du film – accusée d’avoir tuée sa meilleure amie. Jamais Demoustier ne cède à la facilité qui serait celle de prendre parti, le tout étant renforcé par la placidité de la jeune Lise (très bonne Melissa Guers), qui ne laisse rien transparaître. Car ici l’objectif premier n’est pas de trouver le ou la coupable du crime mais plutôt de pointer du doigt un système judiciaire patriarcal et biaisé pour qui toute la culpabilité réside déjà dans le fait d’explorer sa sexualité et d’avoir plusieurs partenaires sexuels.

En salles depuis le 14 août 2020

La bonne épouse, Martin Provost

Crédit: MK2 MILE END – Caroles Bethuel

Au début on y croit moyen. Ça fait un peu gros. Puis ce qui avait l’air de pencher vers le film français de mauvais goût surprend, charme, étonne. C’est l’histoire de l’école ménagère de Van Der Beck, dirigée par Paulette (Juliette Binoche), dont l’émancipation féministe se révèle progressivement. Le seul bémol serait le semblant de liberté de Paulette qui ne saurait se dissocier de son histoire d’amour déterrée. À part ça, il y a dans le dernier film de Martin Provost une terrible magie qui opère et qui guide le spectateur dans ce savoureux mélange où se côtoient Histoire et comédie musicale. Si les apparitions d’Édouard Baer sont succulentes, Yolande Moreau, Juliette Binoche et Noémie Lvovsky représentent le trio gagnant de La bonne épouse.

Sortie le 21 août 2020

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