Les Indestructibles 2 & Plonger: Zoom sur la Maternité

Dans une voiture, un couple fait l’amour, un peu, beaucoup, passionnément. La première scène de Plonger s’allonge comme pour annoncer un choix de Mélanie Laurent de rester au plus proche du duo.

Ils viennent de se rencontrer mais c’est déjà l’amour fou entre Paz (Maria Valverde), jeune photographe espagnole, et César (Gilles Lellouche), ex-reporter de guerre désormais critique d’art. Ce que lui a vécu dans une autre vie – ce goût prononcé pour l’aventure et l’adrénaline d’une passion – elle en rêve aujourd’hui.  

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Le tandem s’installe en appartement, l’idylle est à son paroxysme et les plans beaux et délicats. Très vite Paz déchante quand son jules la dissuade de partir à l’étranger pour un projet photo. C’est à ce moment précis que la fracture prend racine: là où lui prend une décision pour elle, tout part en vrille.

Jusque là la réalisatrice avait réussi à capter l’éloignement subtil dans des scènes où le poids de l’ingrat quotidien en devient brutal, celui qui tire et étire toujours un peu plus la distance entre deux êtres qui s’aiment follement mais qui n’arrivent plus à se dire les choses. L’incompréhension les a à l’usure. Une histoire d’amour tristement banale mais ô combien universelle, ce point de non retour où le malheur et l’absence d’épanouissement prennent le pas sur la force des sentiments.

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Cette première partie qui adopte le point de vue de Paz se développe avec justesse par son exploration des cavités et des zones d’ombres que recouvre le statut d’artiste, là où la jeune photographe est en équilibre constant entre sa passion professionnelle et l’objet de sa passion amoureuse. Ces deux derniers finissent pas devenir incompatibles, et c’est après le soudain départ de Paz que le scénario de Laurent tourne au vinaigre, à l’image de cette histoire d’amour portée à l’écran. Comme si la réalisatrice ne se faisait pas assez confiance pour poursuivre son besoin de fouiller les sentiments humains, elle s’arrête net et dans un virage à 90° change de cap pour tirer vers l’investigation, deuxième partie du film cette fois menée par le point de vue du mari et père de famille César.

Les deux points de vue adoptés sont en souffrance, mais jamais la cinéaste ne finit ce qu’elle a commencé sur cette femme mystérieuse mais finalement broyée par la maternité et ses choix bafoués. Même si le film reste une adaptation d’un roman de Christophe On Dit Biot, nul besoin d’incorporer un drame là où il était déjà omniprésent dans l’effritement insaisissable du couple au jour le jour.

Les défauts sont pour ce dernier long-métrage les mêmes qu’on avait aperçu dans Respire, cette amitié explorée sous forme de thriller où le lien tourne à l’obsession, mais dont la fin nous rappelle celle de Plonger, une facilité qui n’apporte rien de nouveau et qui peut faire croire que Mélanie Laurent se couperait elle-même l’herbe sous le pied. Pourtant longtemps actrice avant de passer derrière la caméra, Mélanie Laurent aurait pu davantage miser sur le talent de ses acteurs pour approfondir son thème initial et prolonger le travail de longue haleine sur l’éternelle insatisfaction et le besoin de création de l’être humain.

 

Maternité, vous avez dit?

Comme une déception cinématographique ne vient jamais seule, Les indestructibles 2 nous laissent eux aussi sur notre faim. Dans un scénario des plus assumés, la famille de super-héros revient sur le devant de la scène, mais cette fois, c’est la mère Helen qui prend les commandes et à qui il revient de sauver le monde.

Ca fait bien longtemps que les films d’animation – Disney ou pas – ne sont plus réservés aux enfants et qu’ils abordent, avec ou sans succès, les grands thèmes, valeurs et maux de nos sociétés.

Dès la première scène du second opus qui reprend là où le premier s’est arrêté, l’adolescente Violette refuse d’être cantonnée au baby-sitting alors que le reste de la famille tente d’arrêter le grand méchant de l’histoire. Le ton est donné, et pourtant cette phrase “je ne suis pas la gardienne” qui prononcée par elle fait du sens devient problématique dès lors que c’est son père qui la reprend plus tard, lui qui s’occupe des enfants et des crises du petit dernier Jack-Jack pendant que sa femme est en mission.

Il y a pourtant beaucoup d’espoir dans la façon dont Brad Bird devance les critiques, rien que dans une scène où le directeur d’une boîte de télécommunications, déterminé à redonner aux super-héros leurs lettres de noblesse, explique à quel point choisir Helen pour remplir cette mission serait un bon coup de pub. Impossible de ne pas faire le rapprochement avec l’angle féministe entrepris par le scénariste et réalisateur, mais celui-ci ne finit justement jamais pas réellement dépasser ce simple coup de pub.

La méthode “douce” d’Helen s’oppose grossièrement à la méthode “dure” de son mari, et là où le terrain était vaste pour approfondir l’approche féministe, Les indestructibles 2 tombe à plat. Évidemment l’animation est irréprochable, l’humour est souvent bien dosé, mais poussé à l’extrême, le ridicule du personnage de M. Indestructible fâché de ne pas être sur le devant de la scène devient, justement, très ennuyeux. Avant même qu’il puisse y avoir débat, un sujet rapidement évacué dans ce qu’on comprend être “je m’occupe des enfants, oui je me rapproche d’eux par la même occasion, mais c’est en attendant qu’on (je) redevienne super-héros.”

Cerise sur le gâteau, il aura fallu que le papa confie Jack-Jack à une femme pour que l’enfant se calme. Edna, qui fabrique les costumes de la famille, clarifie pourtant dès le début de sa visite qu’elle n’aime pas les enfants, détail qui passera complètement par dessus la clôture du scénario lorsque papa revient le lendemain et que bébé a fini comme par magie avec elle à maîtriser ses pouvoirs.

On avait envie de l’aimer aussi fort que le premier, ce Pixar de famille avec lequel on a grandi. Alors si on s’est laissé enchanté par le premier, irrésistible, il y a de ça 14 ans, mais on fera davantage le tri pour ce second opus finalement pas si indestructible.

Plonger en salles le 6 juillet

Les indestructibles 2 / Les Incroyable 2 actuellement en salles

 

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