Ouverture des RVCQ: Ca sent la coupe, de Patrice Sauvé

15540867_10154797944173844_4552624475765886905_oCrédit: Page Facebook Québec Cinéma – Ca sent la coupe, de Patrice Sauvé, avec Louis-José Houde

En quittant la fête de bureau de sa copine, qui croule sous les heures supplémentaires, il se retrouve, vêtu d’un accoutrement de cowboy, face à celui qui tourne autour d’elle, déguisé en Indien.

Par son humour potache et son comique de situation, Ca sent la coupe aurait pu être une bonne comédie. Un peu comme Max, qui avait tout pour être heureux – une copine, une bande de chums, un magasin de produits dérivés des Canadiens de Montréal – jusqu’au jour où tout bascule.

Ce qui allume Max, c’est l’amour du hockey, mais le jour où sa copine Julie claque la porte, le trentenaire reste pendu à son canapé, incapable de comprendre comment il en est arrivé là. Là où la passion du sport aurait pu devenir un moteur de motivation et d’accomplissement personnel, les images projetées à l’écran à travers les yeux de Max semblent l’accrocher au canapé, sur lequel il introduit et conclut le film, à l’image d’une évolution qui s’est faite attendre mais qui entre temps n’a pas eu lieu.

Répertoriés par date et par équipe, de la simple game de saison aux séries éliminatoires de la coupe Stanley, les matchs des Canadiens rythment le récit du quotidien de Max, qui par l’intermédiaire d’une voix-off raconte à un proche les différentes périodes de sa vie dont l’ensemble tourne autour de sa relation avec Julie.

Le film fonctionne à travers une première partie qui assoit un ton comique interprété par ce gars “un peu épais” qu’est Max, effrayé par la simple notion de changement depuis la mort de ses parents. L’attachement au personnage se perd rapidement au cours de la deuxième heure, qui déçoit par son incapacité à laisser la personnalité de Max être altérée par l’influence de ses héros. L’utilisation du flash back permet une remise en contexte quant aux raisons qui auraient pu pousser Julie à partir – l’arrivée de sa soeur, son manque d’attention, sa passion excessive pour le hockey – puis l’évident manquement aux valeurs coupe court à toute forme d’empathie sans même que le scénario ne prenne la peine de s’y attarder. Que ce soit par souci de fidélité par rapport au livre de Matthieu Simard dont le film s’adapte ou par simplicité scénaristique, la surprise générale face au départ de Julie devient de plus en plus bancale au fil des révélations de Max.

Après avoir cassé sa télé pour en racheter une peu de temps après, vandalisé son propre magasin pour finalement le garder, et tenté de reconquérir Julie avec des billets pour assister au match…des Canadiens, Max ne parvient toujours pas à réaliser qu’il tourne en rond, entraînant avec lui le spectateur. La comparaison sportive qui aurait pu être celle d’une prise de conscience annoncée par le tableau de match sur lequel son ami Richard dessine un plan d’action n’est plus qu’un parallèle omniprésent.

Si volonté il y a de la part du cinéaste d’illustrer l’échec par une suite d’obstacles dont la finalité ne serait pas la victoire mais l’ancrage au réel, celle-ci perd en crédibilité par un manque de substance dramatique trop souvent limitée à des retours en arrière en noir et blanc dont le ton s’annonce forcé.

Pourquoi s’en tenir à la retranscription d’une expérience du collectif, des moments entre amis si chers au genre comique lorsque le rêve, lui, demeure inachevé par un protagoniste qui conclut en souhaitant le réaliser sans jamais ne s’en être réellement donné les moyens?

Film d’ouverture des Rendez-vous du Cinéma Québécois, mercredi 22 février

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