Les Rendez-Vous du Cinéma Québécois: faites votre choix!

Mini-critiques des RVCQ : On vous résume…

Miséricorde, de Fulvio Bernasconi

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Là où Miséricorde hérite d’une pâte inspirée des grands films d’action traduite par une bande-originale stridente qui évolue avec la tension progressive du récit, le cinéaste suisse Fulvio Bernasconi ne semble pas pouvoir doser son recours à cette technique qui trop souvent impose au spectateur une certaine émotion. Après un délit de fuite aux abords de Val d’Or, Thomas se met en quête du camion responsable de la mort d’un jeune autochtone. L’intérêt d’un tel thème est rapidement dépassé par l’importance donnée au héros par le dévoilement d’un contexte qui fera de lui un anti-héros. Introduit par les injustices commises à l’égard des peuples autochtones, le film s’en détache progressivement pour aboutir à un regard sur le parcours de Thomas, ancien policier en proie avec ses propres démons. Si à l’image du héros Marvel, Thomas, venu au Canada pour pêcher, effectue cette poursuite pour se racheter, alors l’esquisse d’une justice universelle pour tous s’efface face à l’irresponsabilité individuelle. Rares sont les films qui se concentrent sur des enjeux tel que les réalités autochtones, mais pourquoi donc choisir un caucasien pour interpréter celui par lequel passera le fil conducteur et de ce fait la prise d’actions face à l’injustice?

En cavale, de Mathieu Arsenault

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Affiche du film En cavale, de Mathieu Arsenault

Le premier long-métrage documentaire de Mathieu Arsenault est un film témoin comme il s’en fait peu. Simon, P.O. et Scoobey n’ont pour repères que les centres de jeunesse dans lesquels ils ont grandi. A travers la relation fraternelle qu’il prend comme point de départ et qui le lie à Simon, qu’il a suivi toute sa vie grâce à un programme de jumelage bénévole, le réalisateur pose un regard certes subjectif mais dépourvu de jugement sur le quotidien de ces trois jeunes pour qui le chemin vers l’âge adulte ne se fera que s’ils acceptent de se détacher de leur passé. Dealer pour Scoobey, délinquant pour Simon, et psychose toxique pour P.O. L’interaction entre le réalisateur et ceux qu’il a suivi pendant 5 ans ajoutée à sa relation avec l’un des jeunes font de son oeuvre un documentaire non conventionnel dont le manque d’objectivité est assumé. L’exploration de l’histoire du point de vue de ceux qui travaillent dans les centres de jeunesse aurait été pertinente, mais Arsenault honore son contrat en exposant la réalité de ces jeunes dont l’espoir de réussite est infini. En première mondiale aux RVCQ.

Le Prix du Paradis, de Guillaume Sylvestre

16602460_1278701922182962_8131471615131983727_o-2Documentaire – Le prix du Paradis – Page Facebook

A l’horizon se distinguent de larges étendues de verdure, de terrains parfaitement tondus et de propriétés à vendre ou en cours d’acquisition. Plus d’un million de Québécois, pour la plupart millionnaires, quittent chaque hiver leur province natale pour la Floride. Avec ce documentaire intimiste, Guillaume Sylvestre s’attaque à cette communauté qui s’exile six mois de l’année dans ce monde déconnecté de la réalité représenté ici par un parc resort de luxe nommé Aztec. Certains se déplacent en voiturettes de golf quand d’autres astiquent leurs voitures ou promènent leurs chiens dans des poussettes. A travers une scène dans laquelle on ignore les nouvelles à la TV pour enchaîner les shots, le danger mis en exergue par Sylvestre s’illustre par un déni total du monde et de ses enjeux qui fait froid dans le dos.

A voir aux RVCQ: on vous conseille…

Films étudiants

  • Beijing-Hochelag, Élise Ekker-Lambert

Une visite au coeur du quotidien de quatre propriétaires de dépanneurs originaire de Chine, un sujet familier pour quiconque se dit Montréalais mais qu’il fallait oser percevoir à l’écran.

  • Le propriétaire est un télescope, de Charles Massicotte

Deux colocataires se retrouvent sous l’emprise de leur nouveau propriétaire après un énième déménagement. Un film qui parlera au grand nombre d’étudiants en prise avec ce fléau du monopole de certains propriétaires auto-proclamés tout-puissants.

Longs-métrages documentaires

  • Parfaites, de Jérémy Battaglia

Suivez l’immersion au dans les coulisses des entraînements d’une équipe de natation synchronisée qui se prépare pour les jeux de Rio.

  • On ne peut faire deux fois la même erreur, d’Alanis Obomsawin  

Un pan de l’histoire dont peu de gens connaissent l’existence et pourtant primordial: le procès mené contre le ministère des Affaire Autochtones et Développement du Nord Canada pour discrimination envers les droits des enfants autochtones.

Court/moyen-métrage documentaire

  • André Melançon: le grand gars des vues, de Luc Cyr

A tous les cinéphiles: reportage et retour sur l’influence et le parcours du cinéaste, à qui cette 35e édition des RVCQ est dédiée.

  • Police sous surveillance, de Charles Gervais

Bavures et témoignages de la police filmée à l’ère des réseaux sociaux: un sujet dont la résonance et l’importance de connaître les deux aspects de l’histoire se font ressentir.

Longs-métrages de fiction

  • Phone Whore, de Farzin Farzaneh

Inspiré d’une histoire vraie, Phone Whore retrace le quotidien d’une femme pour qui le téléphone rose est devenue une façon de boucler les fins de mois.

  • We’re still together, de Jesse Klein

Lorsque Chris, jeune obèse, rencontre Bobby, il prend soudain conscience qu’un retour de médaille est possible pour ceux qui n’ont de cesse de l’intimider. Espérons assister au renouvellement de ce thème universel et fléau que beaucoup sous-estiment.

  • Écartée, Lawrence Côté-Collins

Anick Tremblay filme et s’immisce dans le quotidien de Scott et Jessie, un couple confronté au sujet que l’intervenante décide d’explorer, la réinsertion sociale. Le film appelle ici à l’exploration des limites et rapports entre documentaire et voyeurisme, réalité et fiction, et perversion d’un parti-pris.

  • Le Cyclotron, d’Olivier Asselin

Fin de la Seconde guerre mondiale. Elle est espionne, lui scientifique, elle est chargée de l’assassiner, lui doit préserver les secrets du cyclotron. Film historique en noir et blanc qui semble témoigner d’une certaine originalité visuelle.


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