Valérie-Micaela Bain: Portrait d’une fonceuse

20170215_184520-2Photo: Ambre Sachet

“Les nouvelles, c’est comme un hôpital, ça ne ferme jamais.”

Elle est la voix des images posées sur la remise en liberté de Guy Turcotte, les funérailles de René Angélil et les manifestations étudiantes de 2012.

Avec cette affirmation, Valérie-Micaela Bain pèse ses mots. Même si le travail et l’acharnement figurent parmi ses valeurs, la journaliste croit qu’il s’agit d’une vocation lorsqu’il est impossible d’imaginer faire ce métier sans accepter que le bouton on soit toujours allumé. Cheveux courts, sourire jusqu’aux oreilles et tailleur bleu foncé, Valérie-Micaela Bain semble pourtant tout avoir sous contrôle. La nuance, elle, se trouve dans l’art de choisir ses batailles. Diplômée de Concordia en journalisme en 2003, Mme Bain a choisi les siennes il y a bien longtemps, et celle de cette année est le pan culturel.

Tout est déclenché lorsque la jeune femme pousse la porte des grands médias et se fait en 2006 une place en tant que pigiste à Radio-Canada. Dix ans plus tard, Mme Bain co-gère le pôle culturel et effectue des reportages vidéo pour l’un des plus anciens sites de radiodiffusion au Canada. Pas étonnant qu’elle ait été choisie par Alcôve pour être là en ce 15 février pour une série de discussions intimes avec d’importantes personnalités organisées dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs.

“Je n’ai jamais autant travaillé de toute ma vie, mais ça n’a jamais été aussi gratifiant.”

Consciente de son image et de l’impact que celle-ci peut avoir, la journaliste est pourtant toujours surprise lorsque de jeunes filles lui démontrent leur admiration. En route vers une entrevue, elle ne se dit jamais qu’elle y va en portant son chapeau de femme noire. La jeune femme a toujours su créer des situations et rester fidèle à ses valeurs pour en arriver là où elle est aujourd’hui, une décision à la fois.

La journaliste d’origine haïtienne n’est sans doute pas non plus consciente qu’en affirmant qu’il est important de déconstruire des mythes, elle en met elle-même un à bat, celui qui dit qu’il est impossible d’allier vie professionnelle et personnelle. Mère d’une jeune fille, Valérie-Micaela Bain se plaît à dire qu’elle gère plutôt un déséquilibre. Entre un réveil à 5h du matin, quelques heures de sport, des événements nocturnes, heures supplémentaires et un horaire en dents de scie exigé par un poste de surnuméraire, la reporter n’oublie pas l’essentiel en veillant à partager des moments avec sa fille.

Dopée au prochain défi, Mme Bain saisit en 2006 l’occasion d’aller couvrir l’actualité au Manitoba, où 3 mois se transforment en 6 ans de bouleversement des préjugés face aux prairies canadiennes et à l’apprentissage du métier d’animatrice Télé et de journaliste de terrain. 2008 marque l’année durant laquelle elle couvre le congrès démocrate du Dakota du Nord en présence de Barack Obama et Hillary Clinton.

De retour à Montréal depuis 2012, la reporter rêve déjà du métier de correspondante tout en réfléchissant à un futur projet d’émission culturelle.

L’important pour Valérie-Micaela Bain? Miser sur ses forces, et être dans l’échange, l’exigence. Son écoute et son optimisme à toute épreuve ne vont pas sans rappeler ceux de Maria dans la Mélodie du Bonheur, film préféré de la journaliste. Grande consommatrice de musique et de séries québécoises, elle n’hésite pas à dire qu’il faut s’intéresser au travail des autres et s’en inspirer. C’est sûrement sur ce plan que la journaliste a su trouver son équilibre, à la frontière entre maîtrise et humilité, confiance en soi et soif d’apprendre.

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