John Wick 2: Délit de suite

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@ John Wick 2

Il est tout de même consternant de constater que certaines suites de films ne font même pas l’effort d’ajouter quelques éléments à leur second, voire troisième opus.

Oui, John Wick avait en 2014 amassé quelques 46 millions de dollars de bénéfices en rapportant 76 millions à l’échelle planétaire pour un budget initial de 20 millions. Oui, John Wick est un film tiré d’une trilogie donc une adaptation qui se voudrait être développée sur trois films. Oui, les succès au box-office donnent de profondes envies de tuer l’originalité dans l’oeuf pour se résoudre à conserver les 2-3 ingrédients clés du bon gros film d’action de base.

Eh bien non, tout ça ne suffit foutrement pas. A peine les premières minutes écoulées se rend-on compte que John Wick 2 ne s’est pas gêné pour reprendre le scénario du premier opus, cela dit sans se soucier de pouvoir en faire une quelconque version améliorée. Une voiture volée, une sortie de retraite précipitée, une course-poursuite qui donne lieu à une succession de cadavres, le héros face à un ultimatum et une mise à prix de la tête de John Wick pour qui tout New York se mobilisera. Un air de déjà vu ? Plutôt normal jusqu’à présent.

Les seuls changements, sans exagération, semblent se trouver dans les villes de tournage, auxquelles on rajoute Montréal et Rome, puis les lieux de combats. A l’instar de la petite Martine, John Wick se bat dans le métro, John Wick se querelle dans la rue, John Wick se bagarre dans un musée…

Keanu Reeves est pourtant loin d’être un amateur dans le milieu, preuve en est avec sa préparation pour le film, qui n’englobe pas moins qu’un apprentissage de quatre mois auprès des dénommés frères Machado, qui donneront à l’acteur les bases d’un art martial, le jiu-jiutsu brésilien. Il est donc d’autant plus amer ce sentiment d’assister en direct à l’étalement d’un vulgaire jeu vidéo dont la mission se serait éclipsée avec ses idées scénaristiques. Avec 141 personnages tués pour seulement 84 dans le premier film, John Wick semble s’être davantage imprégné des capacités de son interprète à manier trois armes à feu différentes. La couleur carmin n’est pourtant pas synonyme de simplicité, mais là où les deux volumes de Kill Bill assimilent effusions de sang et violence à l’arc narratif de la vengeance, John Wick 2 tombe rapidement dans l’ennui par son appropriation du meurtre facile qu’il balance en pleine face de manière inexpliquée.

Les scènes d’introduction semblent alléchantes et rythmées jusqu’à la scène terriblement ridicule au cours de laquelle John Wick tente encore et toujours de récupérer sa voiture, et après s’être démené à mains nues pendant un quart d’heure, abdique et dégaine le fameux flingue face à plus grand que lui.

La suite de John Wick pouvait donc être prévisible, nécessaire, logique, flagrante mais tout sauf pertinente. Et dire que le réalisateur Chad Stahelski, qui a concocté les deux premiers, gamberge déjà sur John Wick 3. Grand soupir et yeux levés au ciel lorsqu’on se rend compte que John est encore parti pour de nouvelles aventure… et qu’on peut bien se demander, mais lesquelles?

La série de Fast and Furious aussi inépuisable que ridicule déclinée en bientôt huit films célèbre cette tendance du scénario prémâché toute droit sortie des studios hollywoodiens. Rien qu’entre 2016 et 2017, la liste de suites et de franchises est scandaleusement longue: Independance Day, Rogue One, Ghostbuster et Star Trek en 2016, ce qui ne fait que présager le pire pour 2017: 50 nuances plus sombres, Trainspotting 2, Bon Cop Bad Cop 2, Wolverine 3: Logan, un énième Pirates des Caraïbes, Les gardiens de la galaxie 2, Alien: Covenant et la liste est encore longue.

Il semble alors insurmontable d’imaginer l’état de Deadpool 2, sur lequel David Leitch, co-réalisateur de John Wick et scénariste de John Wick 2, travaille déjà.

Le Marvel et les films de super héros qui tombent dans la catégorie blockbuster sont au taquet dans l’art de la suite au cinéma, mais ce marketing cinématographique semble n’épargner aucun genre, pour le meilleur et pour le pire. Bien qu’il s’agisse d’un élément découlant d’une industrie qui recherche constamment le profit et fuit la prise de risque, le problème se pose lorsque la priorité n’est plus de proposer une idée, un projet, dont le film serait la représentation en UNE et unique expérience.

John Wick 2, en salles le 10 février


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