Movie release of the day / Les sorties du jour: GOLD & JULIETA

Photo: awardswatch.com

Gold, Stephen Gaghan

Aussitôt celui-ci sorti de la séance débarque ce sentiment envahissant qui laisse penser que l’empreinte de ce film s’échappera aussi vite qu’elle s’est posée sur la rétine du spectateur.

Matthew McConaughey est pourtant irréprochable dans ce Gold qu’il semble porter à lui seul, composition filmique prévisible qui ne sera certainement pas classifiée parmi les pépites de l’année. Kenny Wells (McConaughey) n’a pas grand chose à perdre, et ne possède rien à part la possibilité et la vision d’un rêve, celui de Mike Acosta (Edgar Ramirez), géologue avec qui il va déterrer l’une des plus grandes mines d’or existantes en Indonésie.

Redescendu aussi vite qu’il est monté à travers des talents de vendeur qui l’ont mené à la fortune, Kenny patauge dans un monde qu’il croit pouvoir maîtriser. Calqué sur les figures des plus grands usurpateurs professionnels, Gold sent plus que légèrement le réchauffé par son remake appauvri de l’ascenseur carriériste veni, vidi, vici par les impressionnants John Belfort (The Wolf of Wall Street) et Jake Mcdorman (Limitless).

Quelques retournements de situation hollywoodiens au coeur d’un scénario pour le moins prévisible, un jet improbable de split-screens colorés signe de la démarcation évidente entre la machine à fric des bureaux new-yorkais et la ruée vers l’or à grands coups de pelles au coeur de la forêt indonésienne, le tout saupoudré d’une série de partenariats financiers et de mauvais investissements dont l’apogée ne peut qu’être la désillusion collective de personnages dont la richesse et le développement personnel sont tombés dans l’oubli.

Gold s’en tient à l’interprétation d’une histoire vraie qui semble davantage être une excuse liée au manque d’inspiration scénaristique qu’un désir d’éclairer l’histoire par sa manière d’être racontée. Nommé dans la catégorie de la meilleure chanson originale aux Oscars 2016, le dernier long-métrage de Stephen Gaghan n’apporte rien de plus au paysage cinématographique américain qu’une démonstration lisse de ses acquis.

ENGLISH

The feeling of knowing whether or not the film will leave a mark on you is almost instantaneous. This one is probably out already. Even though Gold is a flawless display of Matthew McConaughey’s talent, the fact that the actor is carrying the film by himself illustrates the certainty that Gold will not be the nugget of the year.

Kenny Wells (McConaughey) doesn’t have much, except for the ability to dream big, which he and Mike Acosta (Edgar Ramirez) will tame when they discover one of the biggest gold mines of the century somewhere in Indonesia.

As a self-taught salesman, Kenny quickly gets a sense of what it is to either win or lose everything in a minute. Except for Wells’s simplistic reaction at the end, it’s a shame Gold didn’t want to look further than what had already been done in the past by Jordan Belfort (The Wolf of Wall Street) and Jake Mcdorman (Limitless) in terms of professional usurpers.

A few Hollywood twists in a predictable storyline, some colorful and useless split-screens to demarcate the obvious differentiation between the money-making people in the New Yorker offices and the endless gold rush process in the Indonesian forest, all of this being spread by many financial partnerships that will lead to the desillusion of those characters whose personal wealth and development have been neglected.

The fact that Gold has been inspired by a true story is even more disturbing since it seems that it was taken as an excuse for a serious lack of inspiration rather than a deep desire to shine a light on a story through an innovative storytelling. Nominated in the best original song category at the Oscars, Stephen Gaghan’s last film doesn’t bring much to the cinematic american landscape except for a bland display of its own skills.

Julieta, Pedro Almodovar

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Onze ans après Volver et trois ans après le huis-clos grotesque des Amants passagers, Almodovar revient avec un portrait de femmes incroyablement délicat et synonyme d’un délicieux retour aux sources: Julieta.

Sur le point de commencer une nouvelle vie avec Lorenzo au Portugal, Julieta envoie tout valser après avoir eu des nouvelles de sa fille Antia pour la première fois en douze ans. Changement d’appartement, balades nocturnes et retour à l’écriture pour cette mère pour qui le seul moyen de reprendre contact avec son enfant est de tout mettre sur papier. Commence alors une construction scénaristique propre à l’oeuvre du cinéaste espagnol: les histoires en poupées gigognes.

Impossible de ne pas comparer l’électrisante présence d’Adriana Ugarte au charisme de Pénélope Cruz, lui succédant à titre de muse officielle du réalisateur. Il n’est pas anodin, ce choix délibéré d’avoir choisi deux actrices pour jouer le rôle d’une même femme, Julieta. Emma Suarez, qui incarne la Julieta plus mûre, transperce par sa maîtrise à véhiculer le poids des années et l’un des sentiments les plus indescriptibles, celui de l’amour filial. Là où Talons Aiguilles avait fait l’effet d’un électrochoc mère-fille par l’intermédiaire d’un récit acadabrantesque, Julieta réussit avec brio le pari du réalisme bouleversant.

Malgré la présence calculée de la couleur rouge, teinte fétiche du cinéaste espagnol, son vingtième long-métrage s’éloigne du tandem traditionnel désir-passion pour se pencher sur l’analyse des rapports familiaux. La réunion se fera t-elle entre ces deux femmes avant tout rongées par une affection qui les dépasse, celle du carcan familial? La justesse de ces bribes de vie repose sur un traitement visuel sobre et un choix de construction scénaristique dans lequel le temps, malléable, joue son rôle à merveille.

ENGLISH

Eleven years have gone by since Volver. Three years after I’m so Excited’s ridiculous fable, Almodovar makes his comeback with a delicate and sensitive story, Julieta, which comes as a wonderful return to the roots.

Everything is ready for Julieta’s new beginning with Lorenzo in Portugal until she hears from her daughter Antia for the first time in twelve years. Even if apartment switch and nightly walks make it easier for Julieta to cut herself off from everyone, writing to her daughter will come as her only remedy. This expiatory act will lead to a unique storyline based on the Russian dolls principle, well-known for being the director’s signature.

It’s almost impossible not to compare Adriana Ugarte’s presence to Penelope Cruz’s charisma, the first one being the logical choice as Almodovar’s new muse. Choosing two actresses to interpret Julieta’s character on screen doesn’t come as a coincidence. Emma Suarez’s heartrending interpretation of the older Julieta becomes clear in her ability to convey the weight of the years and one of the less comprehensive yet universal feeling which is filial love.

Even though red is as omnipresent in Julieta as it is in Almodovar’s previous movies, his twentieth film distances itself from the traditional tandem desire-passion to get a deep look into family relationships.


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