RIDM: Dark night, de/by Tim Sutton

Tim Sutton’s Dark night is an emotional rollercoaster about the presages of the 2012 Aurora shooting.

They live parallel lives but they’re all tragically connected. This mom, her artsy and social outcast son, those young latina girls trying to fit in, this lonely and wealthy man, this self-obsessed girl trying to sell her healthy tips on the Web, those skaters chilling and smoking, this couple fighting.

The film makes it seem as if every single one of them could have been unstable to the point of committing the irrevocable. The strength of Sutton consists in building a crescendo of tension without getting close to the plain and simple exposure of violence. The opposite of Elephant. The unfolding of the story’s purpose and structure comes gradually and follows the evolution of a man oppressed by isolation. Yet the murderer is never depicted as evil, proving once again that Sutton’s cinema flirts with the paradox of the American society in which the man is being raised.

Silence, terribly soft music and the parking lot of the cinema where the killing happened turn into main characters of the film, which gives consistency to the unbearable waiting of something that is however known from the public.

Dark night – as well as All these Sleepless nights, The Dreamed ones and El Futuro Perfecto – is one of RIDM’s genre exceptions, one of those respectful docu-fictions that speaks more than a thousand traditional documentaries.

Avec Dark night, Tim Sutton est passé maître de l’art dans le remaniement du crescendo émotionnel au cinéma. Le réalisateur de Memphis et Pavilion revient avec un troisième long-métrage basé sur la fusillade d’Aurora, dont les faits se sont déroulés en 2012 dans un cinéma du Colorado.

Une série de portraits appuyés par des bribes de vies compose les prémices du drame. Chacun suit le cours de sa vie, jamais leurs vies n’interfèrent et pourtant l’attente qui les unit se fait interminable. Cette mère, son fils artiste et paria, ce couple qui se déchire, ces deux jeunes latino-américaines déterminées à s’adapter, cet homme-enfant seul et bien nanti, ce groupe de jeunes skaters accro à la fumette, cette jeune femme obsédée par l’image qu’elle renvoie et les likes qu’elle récoltent avec ses vidéos sport et “bien-être”.

Chacun d’entre eux pourrait être le tueur. Des éléments suspects brouillent le récit, qui peine à s’installer et à trouver un rythme. La force de Sutton réside néanmoins dans sa capacité à bâtir une tension palpable en crescendo, dont le point culminant n’émerge que dans la deuxième partie du long-métrage et n’est jamais exprimé par une démonstration facile de la violence. Tout l’inverse d’Elephant. Tout n’est que sous-entendus et bruits sourds. Les destins convergent dès lors qu’implose celui  que l’isolement détruit graduellement. Jamais diabolisé, le meurtrier et le portrait qu’en fait Sutton justifient un regard pertinent et aussi paradoxal que la société américaine dans laquelle est élevée cet homme.

Le silence, une musique doucereuse et le parking vide témoin de l’innommable s’empilent en tant que personnages du film à part entière, terreau d’un sursis dont la date de péremption est pourtant connue de tous.

Dark night – tout comme All these Sleepless nights, The Dreamed ones et El Futuro Perfecto – est l’une des exceptions du genre des RIDM, ce type de silence respectueux qui en dit long, ce genre de fiction qui transcende le documentaire et ses définitions.


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