Art et réintégration sociale aux RIDM

Dans le cadre des RIDM, David Henry, directeur général de l’ASRSQ, Association des services de réhabilitation sociale du Québec, animait ce lundi 14 novembre une discussion autour de l’art, la culture et la réintégration sociale. Au programme: un débat précédé du visionnement du court-métrage Double peine, réalisé par le collectif Art Entr’Elles, un groupe de femmes judiciarisées, Cathy Simon, Danielle Gratton et Geneviève Tardif, et en collaboration avec le cinéaste Alexis Fortier-Gauthier.

Parmi les panélistes présentes dans le cadre de la discussion, on retrouve Geneviève Tardif, membre du collectif Art Entr’Elles, Sylvie Frigon, professeur titulaire au département de criminologie à l’Université d’Ottawa, Anne-Céline Genevois, de la Société Elizabeth Fry du Québec, organisme venant en aides aux femmes en justice pénale après leur incarcération, Emily Laliberté, de Funambules Médias, ainsi que Marion Jégoux, responsable du développement du public pour les RIDM et coordinatrice du programme en milieu carcéral du festival.

“Moi le seul crime que j’ai commis dans ma vie, c’est le vol à l’étalage. À cause de ça je vais être traitée comme une criminelle autant que le violeur aux yeux de la société quand je me cherche un emploi,” explique Geneviève Tardif. “Quand j’ai voulu faire assurer ma voiture, ça a été toute une expérience mais c’est un droit d’être assuré au Québec. Quand le juge m’a donné ma peine je l’ai payée. Pour moi c’était ça le message… double pleine.”

L’art favorise-t-il la réintégration sociale et communautaire?

Double peine, un film authentique et qui va au-delà des statistiques selon la professeure  universitaire Sylvie Frigon, qui félicite l’équipe du court-métrage et qui affirme croire au pouvoir de l’art comme la danse et le théâtre, que la professeure emploie avec ses étudiants en criminologie.

“C’est pas tout de créer des espaces d’expression mais il faut aussi donner des outils aux personnes qui n’ont pas normalement d’espaces dans lesquels elles peuvent s’exprimer. Il faut les accompagner,” ajoute Emily Laliberté, qui avec Funambules médias a mis sur pied le projet Porte-voix au Centre jeunesse de cité des prairies, un projet de création multidisciplinaire auprès de jeunes judiciarisés.

Les panélistes se mettent d’accord sur une chose, les statistiques prouvent que l’intégration de la culture au niveau social fait des miracles, autant humains que budgétaires. Ne reste plus qu’à réaliser la pertinence et la nécessité de tels projets.

Dans le cadre du festival et en lien avec cette discussion, le collectif Art Entr’Elles et l’organisme Projet Ose proposent l’exposition Décliner son identité sous la forme de onze portraits audiophotographiques regroupant des artistes professionnelles et femmes judiciarisées en réintégration sociale.


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