La Tortue rouge, de Michael Dudok de Wit

#FNC #minicritique

Véritable coup de coeur de cette 45e édition du Festival du Nouveau Cinéma, La Tortue rouge est une expérience sensorielle splendide et un appel à l’émerveillement.

Michael Dudok de Wit, réalisateur néerlandais habitué aux courts-métrages d’animation, aura eu raison de se laisser tenter par l’expérience du long à l’âge de 62 ans. Après l’Oscar du meilleur court-métrage obtenu en 2001 pour Père et fille, l’illustrateur livre ici un conte animé dont la dimension poétique demeure en grande partie inexpliquée.

Aucun dialogue, quelques onomatopées et une simplicité graphique rafraîchissante. Un jeune homme se retrouve à l’eau lors d’une tempête pour échouer sur une île déserte. Aussi banal que le scénario puisse être, le cinéaste en fait une oeuvre unique dont l’esthétique épurée déconcerte autant qu’elle apaise.

La place des animaux – comme le laisse deviner le titre du film – est omniprésente. Originaires des plages des Philippines, les petits crabes-fantômes qui tiennent compagnie au protagoniste et l’observent lorsqu’il enchaîne la construction d’un radeau toujours plus grand sont les premiers à attendrir par leurs maladresses et réactions quasi humaines. Au premier abord secondaires, ces bestioles illustrent le perfectionnisme d’un cinéaste connu pour avoir le souci du détail. La faune et la flore sont rapidement perçus comme des personnages à part entière de cet écosystème qui engloutit peu à peu ce Robin Crusoe de l’animation. Mère nature reprend ses droits lorsque les grands espaces naturels prennent le contrôle du récit, élément récurrent de l’oeuvre de Dudok de Wit.

Condamné à rester sur cette île à première vue paradisiaque, le jeune homme développe un instinct de survie qui s’établit parallèlement à l’épanouissement sensitif du public. Rencontre avec la gigantesque tortue rouge, qui brise les radeaux les uns après les autres, et sur qui le jeune homme déverse sa frustration.

Presque entièrement ancré dans le réel, le film laisse assez tôt entrevoir un rebondissement de fiction qu’il est inintéressant de chercher à éclaircir tant l’approche cinématographique pousse à la contemplation. Sublimé par une trame sonore de Laurent Perez Delmar, La Tortue rouge est un film lumineux mais surtout mélodieux, une ode à la beauté et un voyage iniatique duquel on ne revient pas indemne.

 


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