A Tale of Love and Darkness, fable picturale prudente pour Natalie Portman

a-tale-of-love-and-darkness-natalie-portman-photo-1© Indiewire.com

Plan rapproché sur le visage d’un homme. Amos a vieilli. Sa peau craquelée symbolise l’usure du temps. Il se balade des les rues de Jérusalem, lorsqu’il rencontre sa mère et son père, le tenant par la main. Des dizaines d’années plus tard, Amos est le narrateur, il relate son enfance, celle de 1945 et des premiers souvenirs, lorsque le jeune garçon a à peine huit ans.

Natalie Portman passe pour la première fois derrière la caméra avec A tale of Love and Darkness, drame-fiction historique dans lequel l’actrice tient également le second rôle principal, celui d’une mère de famille dont la santé se détériore.

Inspiré des mémoires autobiographiques de l’auteur Israélien Amos Oz, le film retrace l’histoire du jeune Amos et de ses deux parents, Arieh et Fania, dont le quotidien est bousculé par l’institution de l’État d’Israël et le conflit israëlo-palestinien. Arieh (Gilad Kahana) est un éternel intellectuel, suspendu aux ventes de son premier livre que son meilleur ami finira par acheter en quatre exemplaires. Fania (Natalie Portman), d’origine polonaise, est quant à elle prisonnière d’une mélancolie qui tend à la définir, tout comme le font les histoires qu’elle raconte quotidiennement à son fils Amos. Indéfinissable en dehors de son imagination recréée en images cristallines et hors du temps, Fania n’en demeure pas moins une mère pessimiste et lucide quant au contexte dans lequel sa famille est plongée.

tale-of-love-and-darkness-cannes© Variety

A la limite de la fresque, les scènes s’assimilent à des tableaux. Chacune d’entre elles s’identifie à une couleur dominante, souvent sombre, illustration d’une lumière générale très contrastée. Fania, seule sous la pluie à deux reprises alors que l’image devient floue, les violons restant le seul bruit audible, condense la réalité à ses rêves par ces scènes très esthétiques synonyme d’arrêt sur image. Un aspect sépia qui rappelle que ce premier long métrage parle de ténèbres, d’amour, mais aussi de réminiscence. Nostalgique de son enfance dorée et perdue, dans laquelle elle imagine un homme idéal présent dans chacune de ses histoires, ce seront en partie les souvenirs de Fania qui la mèneront à sa perte. Le passé, élément qui de prime abord permet une reconstitution de l’homme, sauf lorsque celui-ci se meut en une force paralysante.

La bande annonce de A tale of Love and Darkness

Un film qui s’étend néanmoins inutilement sur la longueur, et qui reste somme toute très sage à l’image de ses scènes au ralenti et de son esthétique sans faille, soit par souci de fidélité dans l’adaptation cinématographique, soit par tâtonnements quant à la prise de risque scénaristique. Natalie Portman se démarque davantage par sa performance que par l’approfondissement d’une mise en scène quasi forcée, elle-même victime de son dédoublement professionnel.

A tale of love and Darkness, sortie le 2 septembre 2016.


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