Deadpool: Réussite d’une satire du soporifique Marvel

Wade Wilson est un méchant engagé pour effrayer d’autres méchants. Une sorte de Dexter un peu moins réfléchi.

Tim Miller manie son film avec humour, flash back et apostrophes à l’audience si bien organisés qu’on en oublie complètement le scénario titubant. En renversant les codes du Marvel et ses valeurs bienfaitrices en papier mâché, Deadpool est un rafraichissement cinématographique. Acclamé par la critique, Deadpool trouve pourtant ses origines dans le Marvel. Son personnage, créé par Rob Liefeld et Fabian Nicieza, apparaît pour la première fois dans les Nouveaux Mutants#98 de la série de BD américaine Marvel Comics.

Hilarant dans son rôle de tueur en série empruntant aux Marvel leur costume du superhéros, Ryan Reynolds donne définitivement un coup de fouet à sa carrière qui battait de l’aile depuis Green Lanterne (2011).

Drôle sans être lourd, badass sans être ridicule, Deadpool rassemble tous les ingrédients d’un bon protagoniste sans pour autant tomber dans le panneau du moraliste sauveur de l’humanité. Ce gaffeur en rouge et noir ne passe pas par quatre chemins: il combat le mutan qui l’a rendu indestructible uniquement pour retrouver son apparence « gueule d’amour » et reconquérir sa femme, Vanessa, jouée par Morena Baccarin.

479426.jpgDeadpool, Tim Miller – allocine.fr

L’ingrédient secret du Marvel combinant hommes ordinaires, superpouvoirs et combats épiques est mis à mal par Miller, qui choisit plutôt de rassembler imposteurs, humour grinçant et scènes de crime dégoulinantes. Au bonheur des détracteurs du bon vieux Marvel. Et de la part réfléchie de ses fans.

Certes, Deadpool ne fait pas exception à la règle d’or du blockbuster américain synonyme de gros budget et effets spéciaux à volonté, mais pour une fois l’adaptation du Comics s’adresse à un public plus aguerri que le légendaire enfant de huit ans visé par la série devenue genre à part entière.

Les scènes de combats réalistes et sanglantes parsemées de répliques cinglantes assouviront les besoins de ceux qui attendaient avec impatience la levée de l’autocensure marvelienne en matière de passage à l’action de ces messieurs muscles. Impossible de se lasser de la bande originale signée Tom Holkenborg, compositeur des musiques de Mad Max: Fury Road (2015) et 300 (2006).

Deadpool: la bande annonce

Délicieusement laid et insupportable dans son rôle d’antihéros génétiquement modifié qu’on admire malgré son absence totale de valeurs, Deadpool est une claque magistrale aux standards de beauté et autres missions humanitaires du surhomme en collants tel qu’on a pu le voir dans Avengers (2012) ou Captain America: Civil War (2016).

Après un arrêt sur image en pleine boucherie humaine au début du film, Deadpool le dit lui-même dans une mise en abyme tordante: « Tu croyais voir un film de super-héros, mais il y en a un qui s’est fait mettre en brochette. Surprise: on casse les codes! »

Deadpool, de Tim Miller, en salles depuis le 10 février 2016.


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