Llevate Mis Amores: Je t’aime mais ne reviens jamais !

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Quand l’esthétique de l’univers fictionnel rencontre l’émouvante réalité du documentaire, ça donne l’œuvre magistrale d’Arturo Gonzalez Villaseñor.

Un souffle d’humanité jaillit en ce dimanche 22 Novembre aux Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal (RIDM) lorsqu’est projeté Llevate mis amores, film de clôture du festival.

Un voyage poignant et bouleversant au cœur du quotidien de ces mains travaillant à nourrir ceux qui s’aventurent à traverser la frontière mexicaine. Celle qui est renommée comme étant la plus longue frontière Nord-Sud au monde séparant le Mexique et les Etats-Unis est traversée tous les jours par environ 2 millions de migrants.

Tout commence par la définition d’un rêve. Celui de chacune d’entre elles, toutes générations confondues. Grands-mères, mères et filles se tuent à la tâche dans ce qui serait plus une cour qu’une cuisine. Et pourtant, les sacs de riz s’empilent, et les bouteilles d’eau ne se comptent plus.

Las Patronas attendent son passage à longueur de journées, le train des rêves déchus, le convoi rapide des idéaux et des traumatismes, l’escorte de tous les possibles. Pas un jour n’est passé depuis 1995 sans que ces femmes ne faillent à leur tâche. Donner sans jamais rien attendre en retour.

« God bless you mother ! », lance un migrant à Norma Romero, l’une des initiatrices du projet. Exténuée, suivant du regard ce monstre ou sauveteur à roulettes engloutisseur d’hommes, Romero ne prend une pause que lorsqu’il n’y a plus aucune main tendue vers un réconfort qui les fera tenir jusqu’à la prochaine étape: celle de la survie.

Satisfaction, tristesse et effroi se mêlent à l’atmosphère ambiante du quotidien de ces femmes-soldats tapies dans l’ombre. Le paradoxe se retrouve dans l’évolution du projet du réalisateur méxicain, esthétiquement sublime et tragiquement issu du réel.

Primé au festival international du film Los Cabos en 2014, le documentaire de Villaseñor est un bijou tout aussi époustouflant que bouleversant. Une preuve d’amour délivrée avec justesse et humilité…

2 Comments Add yours

  1. Un admirateur says:

    Magnifique article !
    Il nous transporte face au film et projette son l’humanité…

    1. Ambre Sachet says:

      Transposer la beauté d’une œuvre est l’une des parties les plus difficiles, alors merci pour ce beau compliment!

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