ASAF AVIDAN : ONE DAY BABY WE’LL BE CONSECRATED

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Brut d’émotions : les premiers mots qui viennent à l’esprit à la sortie du concert que donnait Asaf Avidan lundi 6 avril dernier au Mans. Une véritable offrande artistique pour ces quelques 300 bienheureux venus assister au sacre de l’ovni musical. Comme son nom l’explicite, Asaf Avidan est une espèce rare, une voix extra-terrestre descendue des Astres pour étendre son souffle mélancolique, bouleversant. Entouré de prodiges discrets formant son orchestre personnel, Avidan n’a pas à rougir dès que sa performance se retrouve dénuée de musiciens et gagne en pureté.  Over my head entame le cortège cacophonique, acclamé par une horde d’aventuriers impatients. Le retour à la maison clamé par le premier texte semble faire croire que le chanteur n’a jamais déserté la scène. Pointilleux, nasillard et rauque, le ton d’Avidan trouble et transperce, me laissant amnésique sur l’état de mon corps à la verticale.

L’artiste se laisse ranger dans la case pop-rock-blues, mais l’aura du trentenaire fougueux dépasse le simple cadre d’un style musical préétabli. Boursouflée de mélancolie et livrée au hasard d’une voix rayée par la maturité, The Labyrinth song confirme le choix des curieux qui n’avaient que « one day » en tête en achetant les billets. A 35 ans, l’auteur-compositeur-interprète israélien également leader d’Asaf Avidan and the Mojos rafle la scène avec la force tranquille d’un yogi.

L’enivrante Gold Shadow est entonnée. Tout s’écroule. Une rafale mélodramatique se propage dans la foule, ivre d’une voix qui cristallise tout le reste. On retrouve le dessein suprême des Fleurs du mal du Baudelaire à travers cette tristesse quasi jouissive. La rupture amoureuse, ce thème si épuisé qu’il en est presque banalisé, jouit d’une éclosion nouvelle à travers le caractère sombre et poignant d’une syntaxe réfléchie.

Bouffée d’euphorie lorsque le rappel satisfait l’inévitable : pas un bruit ne comble la salle lorsque l’air de Reckoning song ne se meuble que de quelques accords sublimes. Magique, délicieusement dramatique…

                        Asaf Avidan à l’Oasis, Le Mans, lundi 6 avril 2015


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