L’ART OU LE GLAIVE DE L’HOMME LIBRE

 ©Ambre Sachet
©Ambre Sachet

Journalistes : Wanted.

La nouvelle année 2015 s’entame à Paris dans la terreur avec l’annonce de l’attaque du siège de Charlie Hebdo dans la matinée du 7 janvier. Décrit par le président François Hollande – qui a fait le déplacement – comme « un acte terroriste », l’événement se positionne clairement comme un attentat contre la liberté d’expression. En France mais pas que. TF1 parle de l’attentat le plus meurtrier depuis plus de 50 ans, quand on sait que le dernier acte jugé terroriste en France remonte seulement à mars 2012. Mohamed Merah tue ce jour-là 7 personnes à Toulouse avant d’être abattu par la police.

Quel est le mode d’emploi quand la liberté d’expression par l’art se révèle une valeur bafouée ? Une question soulevée aujourd’hui par cette attaque pour le moins emblématique dans l’arrondissement de la capitale française. Tuerie : action de tuer en masse (Larousse). L’artiste a dans la tradition occidentale toujours fait partie de l’élite. Pourtant ici c’est à l’art des masses, celui qui s’adresse à tous et à chacun, l’art libérateur, l’art face auquel la censure est impuissante, que s’attaque ces hommes venus porter affront à la liberté d’expression jusque dans ses bureaux de rédaction.

L’art est finalement une arme comme une autre. Ma plume, mes touches de clavier, représentent à eux seuls une bombe à retardement. Même si le journaliste se doit de peser la résonance sociale de son art, la censure politique ou religieuse de celui-ci relève pour le coup de l’ordre du blasphème.

La liberté est morte. Vive la liberté.

Manuel Valls s’exprime sur RTL à 7h50 le 8 janvier 2015 : « La réponse des français, parce que le cœur de la France est grand, est une réponse je crois extraordinaire de mobilisation, c’est ça qu’il faut dire. »

Tant qu’il y aura de l’espoir, une jeunesse, un crayon et du papier les meurtriers du 7 janvier 2015 ne t’atteindront pas liberté de la presse mon amour. Mercredi 7 janvier 2015, la France et moi-même avons subi le désenchantement suprême : celui d’être (r)éveillé à sa propre conscience. L’humour, ce mode d’expression-coup de poing défini par Cabu, cette signature intellectuelle qui reste, malgré tout, insaisissable.

Charlie n’est pas le symbole d’une France chauviniste et égocentrique. Charlie est le symbole d’un art meurtri, d’une liberté à toute épreuve et d’un libre-arbitre sans frontières. Charlie est cette rage contre toute forme d’intégrisme, cette soif d’indépendance face aux dogmes. Luz refuse le symbolisme en évoquant cette flopée d’hypocrites qui se dissimulent derrière des valeurs qu’ils n’ont jamais incarné. Mais la France est à l’heure du symbolisme. Elle panse ses blessures en réalisant qu’elle n’est pas intouchable, mais que son impétuosité, elle, l’est bel et bien.


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