Elastic Heart de Sia: le clip qui dérange

©Idolator.com
Sia, Elastic heart ©Idolator.com

Dans son nouveau clip sorti le 7 janvier dernier, la chanteuse Sia met en scène sa danseuse fétiche Maddie Ziegler et l’acteur Shia LaBeouf pour un combat des plus improbables. Une vidéo musicale qui fait polémique sur internet en grande partie dû à la différence d’âge entre les deux interprètes.

Là où l’opinion publique s’amuse à voir le thème amoureux comme leitmotiv culturel, l’émotion d’un combat où les limites entre l’homme et l’animal s’effondrent me prend aux tripes. A Maddie Ziegler elle-même de confirmer s’être mise dans la peau d’un loup pour le tournage du clip lors d’une interview avec Cosmopolitan. Là où d’autres détectent une ridicule incitation à la pédophilie, pourquoi ne pas percevoir la portée d’une expérience artistique libre et détachée de toute connotation sexuelle ?

Maddie Ziegler et Shia LaBoeuf s’affrontent dans un duel éternel non sur un tango sensuel des genres, comme le prouvent l’universalité des paroles, mais sur la question de la condition humaine dans son plus simple appareil. Le talent de la très jeune danseuse contemporaine fait beaucoup de cette force tranquille qui compose l’histoire d’Elastic Heart: les gestes sont forts, beaux, précis et saccadés, mais surtout humbles par la simplicité qu’apporte l’acteur, novice en la matière. Le décor se veut épuré quand les costumes de couleur chair font l’apologie de la sobriété: ainsi la mise en scène en appelle à l’absence de superficialité, laissant l’esthétique du corps artistique parler d’elle-même.

La cage dans laquelle les personnages se déchirent et s’apprivoisent situe l’homme cherchant à s’extraire de toute forme de dogme. La scène finale, poignante, représente l’acteur enfermé alors que la jeune créature tente de l’extraire de la cage… une loi du plus fort qui dépasse les apparences.

Une altercation humaine sublime sur fond de mélodie grave et frémissante. Une équation à deux inconnues pour les dépourvus de sensibilité artistique. Laissons donc à l’art la liberté qui lui revient de droit. Pour une fois qu’une œuvre occidentale demeure asexuée…


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