Into the wild: l’épopée initiatique de toute une jeunesse

Into the wild, Sean Penn
Into the wild, Sean Penn

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage… » Si l’on continue encore aujourd’hui à lire Homère, c’est pour la portée universelle et littéraire de ses récits. Victime de l’humeur des dieux mais acteur de son destin, Ulysse reste à travers les discours la figure de proue de la quête initiatique.

Avec Into the wild, Sean Penn revisite le thème par un voyage intimiste où  la réflexion personnelle succède à la puissance divine. Tiré d’une histoire vraie sur les voyages de Christopher Mccandless, ce long-métrage nous porte à contre-courant sur les traces d’un jeune homme fuyant l’univers capitaliste dans lequel il a été élevé. La caméra disparaît rapidement pour laisser place à l’ivresse esthétique des plans, dans lesquels on retrouve l’acteur Emile Hirsch, splendide dans un rôle solitaire dont on ne se lasse pas.

« L‘âme humaine puise sa substance dans des expériences inédites. » Une vadrouille brutale, périlleuse mais nécessaire quant aux questionnements fondamentaux sur la liberté, l’indépendance et la nature des relations humaines.

«Et si je souriais, je me jetai dans vos bras. Verriez-vous alors ce que je vois maintenant? » Partir pour mieux se réinventer représente un mythe bien vivant chez nombre de jeunes étudiants expatriés. Ce cercle infini de construction et de déconstruction de l’identité se retrouve dans l’expédition du jeune Chris. Il y a une certaine volupté présente dans l’errance des voyages qui arrache l’individu à ses repères, retrouvée chez Sean Penn. Bercée par les mélodies d’Eddie Vedder au rythme littéraire de la voix off, cette course se révèle un baptême inévitable pour tout assoiffé de transcendance, celle de la connaissance. Une ode à la Nature et à l’Art dans leur état le plus primitif.

Trop sous-estimé par le système éducatif occidental, ce pèlerinage de l’esprit devrait être un rite pour tout jeune fier et crédule partant à l’aveugle à la poursuite utopique du savoir divin. Certes, le film se termine sur une note tragique, mais la leçon qui en découle est bien plus frappante que sa touche finale. Si l’errance était tolérée dès le plus jeune âge peut-être n’y aurait-il pas autant de jeunes sur-diplômés et/ou paumés car confinés dans un système qui ne leur a jamais vraiment donner le choix ou le droit à l’erreur.

Into the wild, Sean Penn (2007)


One thought on “Into the wild: l’épopée initiatique de toute une jeunesse

  1. C’est tout à fait ça. Un film qui proteste contre le système actuel presque privatif de la liberté de prendre son temps, de faire selon ce que l’on est, d’errer et de voyager. Cependant, le but du film n’est-il pas avant tout de montrer que l’on ne peut pas vivre seul (surtout que c’est la conclusion du protagoniste)? Que malgré les défaillances du système, l’humain est fait pour vivre en société et ne pourrait s’en passer? Un voyage initiatique sans doute, mais une conclusion qui demande à réfléchir non seulement sur le système, mais surtout sur la nature humaine.

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